Soudan du Sud : l’ONU condamne des violences contre des civils et des Casques bleus

La Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) a condamné des violences perpétrées la semaine dernière contre des civils et ses Casques bleus sur l’un de ses sites de protection situé dans le nord du pays.

Des combats ont éclaté, jeudi dernier, entre des groupes de jeunes hommes en état d’ébriété sur le site de protection des civils de l’ONU à Bentiu, à environ 1.000 kilomètres au nord de la capitale Juba. Ces violences ont causé la mort de deux civils et blessé huit membres du personnel des Nations Unies, dont cinq policiers, a précisé la mission onusienne dans un communiqué de presse publié lundi.

Lorsque des policiers des Nations Unies (UNPOL) sont intervenus pour mettre fin aux violences et protéger les civils, les jeunes ivres se sont retournés contre eux, en leur jetant des pierres et en les frappant avec des bâtons.

Au lendemain de l’attaque, des membres du personnel civil de l’ONU ont rendu visite à la famille d’un jeune homme décédé des suites de blessures subies lors de l’incident pour présenter ses condoléances. Alors que la réunion avec la famille était en cours, un groupe de jeunes a vandalisé les véhicules de la MINUSS et a mis le feu à l’un d’entre eux. Ils ont également attaqué le personnel onusien, en frappant l’un d’entre eux avec un bâton et en coupant un autre avec une lance.

Les jeunes s’en sont également pris aux Casques bleus ghanéens qui sont intervenus en réponse à l’incident en leur lançant des pierres, des lances et des bombes à essence. L’une de ces bombes a heurté un véhicule de l’ONU et l’a incendié. Selon la MINUSS, ces jeunes ont également tenté de saisir les armes des soldats de la paix et ont vandalisé deux postes de garde. « Deux coups de semonce ont été tirés en l’air pour disperser les émeutiers », a précisé l’opération de paix onusienne.

La MINUSS mène une enquête sur les émeutes, notamment sur la mort des deux jeunes hommes impliqués. Les leaders de la communauté de Bentiu participent à cette enquête et ont présenté leurs excuses pour ces émeutes.

Une délégation de l’Armée populaire de libération du peuple soudanais dans l’opposition (SPLA-IO) a rencontré dimanche les dirigeants de la communauté sur le site de protection à Bentiu. Les membres de la délégation du SPLA-IO ont exhorté les jeunes à s’abstenir de toute violence contre les autres personnes déplacées et le personnel de l’ONU et ont promis de contribuer aux efforts visant à responsabiliser les auteurs.

L’ONU a créé les sites de protection des civils au Soudan du Sud en 2013 pour offrir un refuge aux personnes fuyant les violences lorsque la guerre civile a éclaté. « Il est inacceptable que des membres de la communauté commettent des actes de violence les uns contre les autres ou contre des soldats de la paix qui font de leur mieux pour protéger les familles déplacées vulnérables », a souligné la mission onusienne dans le pays. Onu news

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