Procès Koko di Koko et consorts: Un expert psychologue explique les préjudices subis par les femmes, victimes de violences sexuelles

John Leki Namukama, psychologue expert en matière des VSBG, violences sexuelles et celles basées sur le genre, a éclairé la lanterne du tribunal militaire de garnison de Bukavu sur des préjudices  connus par les femmes, victimes de violences sexuelles à Kitutu et Kigulube, deux villages du territoire de Mwenga.

C’était mercredi 23 octobre 2019, lors de l’audience publique du tribunal militaire de garnison de Bukavu, siégeant en matière répressive au premier degré.

“les préjudices que les violences sexuelles peuvent causer sont axées sur trois points notamment sur le plan médical, psychologique et socio économique. Sur le plan médical, les violences sexuelles occasionnent parfois les avortements, des grossesses non désirées, les infections sexuellement transmissibles, les problèmes des fistules, gynécologie et autres troubles sur le plan physique.
Sur le plan psychologique, les violences sexuelles occasionnent aussi les troubles au niveau de la pensée, du psychisme de l’individu, parfois elles occasionnent le traumatisme psychique, la dépression, l’anxiété généralisée et parfois même la psychose.
Sur le plan économique, la tradition ou les coutumes de certaines sociétés voudraient que la femme épouse simplement un seul homme. Lorsque la femme est connue d’un autre homme, elle est rejetée par son mari, sa famille. Elle n’est plus reconnue par son milieu, son village, etc. Conséquence, la femme commence à vivre une vie d’errance, une vie où elle commence à se prostituer pour survivre”, a expliqué le psychologue expert en matière des VSBG.

A l’en croire, cette situation est vécue au quotidien par les femmes de Kitutu et Kigulube, deux villages du territoire de Mwenga dans le Sud-Kivu où il est allé accompagner les femmes, victimes de violences sexuelles attribuées à la milice Raïa Motomboki Koko di Koko.

Pour rappel, Koko di Koko est le chef présumé de la milice Raia Motomboki Koko di Koko. De février à septembre 2018, lui-même et ses hommes parfois en coalition avec d’autres factions de Raia Motomboki ont persécuté la population dans plus de quinze villages sur les territoires de Mwenga et de Shabunda.

Ils ont fait des centaines de victimes de meurtre, viol, esclavage sexuel, torture, privation de liberté, pillage et destruction des propriétés.

Ces crimes ont été d’une telle ampleur qu’ils pourraient constituer des crimes contre l’humanité. Plus de 300 victimes participent au procès dont la grande majorité pour violence sexuelle.

La Rédaction

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