Insécurité dans la plaine de la Ruzizi : Sa majesté Mwami Ndabagoye III Richard, insiste sur la restauration de l’autorité de l’Etat

Le chef coutumier de la chefferie de la  plaine de la Ruzizi et député provincial du Sud-Kivu Nijimbere Ndabagoye III Richard, exprime son ras le bol face à l’insécurité résiduelle dans son entité. La région est le théâtre d’affrontements quasi quotidiens entre factions armées.

Dans une interview exclusive accordée à L’Essentiel ce vendredi 08 novembre 2019, l’élu d’Uvira, à la tête de la chefferie depuis 2012, insiste sur la restauration de l’autorité de l’Etat dans la plaine de la Ruzizi, en province du Sud-Kivu.

«Nous sommes chef de chefferie, nous sommes chef d’une entité dans un milieu où règne l’insécurité depuis plusieurs années. Donc nous faisons face  à cette insécurité là pour que la population puisse vaquer librement à ses occupations. C’est pourquoi vous pouvez voir que  dans la plus part de nos rapports, nous mettons un accent sur la restauration de l’autorité de l’Etat. Nous travaillons comme administratif, comme coutumier mais il y a d’autres services qui sont chargés de restaurer l’ordre notamment l’armée et la police. Il faut qu’ils soient vraiment efficaces au niveau du terrain, il faut que la justice soit rétablie. Il faut d’abord que les groupes armés soient complètement éradiqués parce qu’on ne peut pas prétendre au développement dans un milieu où règne l’insécurité. Et on ne peut pas savoir entreprendre quoi que ce soit dans un milieu en proie à des barbaries, violences.  Je suis à la tête de la chefferie depuis 2012. ce n’est pas vraiment facile de travailler dans l’insécurité et parfois nous sommes obligés de quitter l’entité, pour aller au chef-lieu de la province en attendant que la sécurité revienne », a-t-il déclaré.

Par ailleurs, sa majesté Mwami Ndabagoye III Richard révèle que cette entité décentralisée a du mal à créer ses propres ressources. La présence des groupes armés est obstacle majeur pour les taxateurs d’exercer librement.

« Le problème majeur auquel nous faisons face est celui de la perception des taxes. nous sommes une entité décentralisée. Nous devons  jouir de l’autonomie,  créer nos propres ressources pour les bénéfices de la population ; mais nous nous heurtons à des difficultés lorsque ces inciviques là nous empêchent de percevoir des taxes dans le marché. quand nous y envoyons les taxateurs, ils le poursuivent avec des lance-roquettes, des machettes, et nous nous disons que la vie des humains est en danger et quelque fois on se décourage pour percevoir ces taxes »,s’est plaint l’élu d’Uvira.

Situé à la frontière avec le Burundi, le territoire d’Uvira est la cible de combats réguliers entre groupes armés locaux, FARDC, Maï-Maï, et armée burundaise. Dans ces affrontements disparates, les civils se retrouvent souvent en première ligne.

Natasha Balegamire

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