Insécurité alimentaire en RDC: la FAO dévoile son plan de réponse

Le représentant de la FAO en RDC, Aristide Ongone Obame a dévoilé le plan de réponse actuel de la FAO qui s’inscrit dans le plan global de réponse humanitaire pour 2020.

Selon lui, ce plan vise spécifiquement à atténuer l’impact de la COVID-19 dans les zones les plus vulnérables, bien entendu, à l’insécurité alimentaire. Notamment les provinces qui, non seulement sont touchées par la COVID19 mais également sont classées en phase 3 et 4 de l’IPC. L’IPC n’étant autre chose que le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire.

C’est une étude, [ce sont] des enquêtes que nous faisons avec d’autres partenaires chaque année. Et nous sommes aujourd’hui à la 18e édition de l’IPC. Et dans le cadre de son plan de réponse, on pense qu’il faut atténuer l’impact de la maladie à Coronavirus sur la sécurité alimentaire“, a-t-il expliqué.

A l’en croire, la RDC a bénéficié de fonds internes de la FAO qu’on appelle des fonds SFERA, alloués essentiellement à la résilience de petits exploitants agricoles dans et autour de la ville de Kinshasa.

le projet vise l’augmentation de la production de l’agriculture urbaine et péri-urbaine en vue de réduire la flambée des prix des denrées alimentaires et de maintenir les disponibilités sur les marchés. Les actions sont axées sur la sensibilisation des maraîchers sur les mesures barrières et l’intériorisation de bonnes pratiques dans l’acquisition d’une cinquantaine de lave-mains automatiques de grande capacité, le renforcement et la diversification de la production agricole locale. Le projet prévoit aussi de fournir aux bénéficiaires des outils aratoires et de semences maraîchères améliorées ainsi que la dotation de motoculteurs aux producteurs. Le projet fait aussi la promotion et le développement de la chaine de riz. La FAO prévoit l’acquisition des motoculteurs pour les riziculteurs, des vanneuses et des décortiqueuses de riz pour assister les producteurs“, a-t-il ajouté.

Selon lui, L’IPC va donner un peu le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire. Ce nombre a sensiblement augmenté en République démocratique du Congo.

“il est passé de 15 600 000 personnes en 2019, aujourd’hui, (et je vous invite à assister à cette restitution de cette étude qui va se faire demain à l’hôtel Beatrice [Kinshasa], pour ceux qui sont disponibles pour venir voir comment la situation a évolué), à 21 800 000 personnes confrontées à une insécurité alimentaire aiguë sévère. Alors la phase 3, c’est ce que nous appelons quand on est en crise et la phase 4, c’est vraiment l’urgence et qu’il faut absolument intervenir. Quand on fait ce genre d’étude, il n’est pas dit qu’on va aller dans tout le territoire de la RDC. Il y a un échantillon de territoire représentatif qui est retenu. Et dans cet échantillon, on a fait l’étude sur 66 millions de personnes et sur ces 66 millions de personnes, nous avons 21,8 millions de personnes qui sont en insécurité alimentaire. Vous voyez bien que le ratio est très préoccupant. Ainsi, nous avons 13 territoires qui ont été classifiés en phase 4 de l’IPC et ça, c’est très préoccupant, et 68 autres en phase 3. Je reviens un peu aux actions de la FAO en RDC en rappelant au passage que la République démocratique du Congo est membre de la FAO depuis les années 60, aux années de l’indépendance. Et nous avons installé notre représentation à Kinshasa en 1978. Cela veut dire que nous sommes ici depuis très longtemps. Mais avant qu’on installe la représentation, on était déjà présent, on intervenait déjà en RDC. Donc, je puis vous dire que la FAO intervient de manière tout à fait régulière depuis les années 60. Les actions de la FAO sont inscrites dans le cadre de programmation pays. Ce qui fait qu’à chaque étape, on se met avec le gouvernement pour définir les priorités qui sont contenues dans ce qu’on appelle le Cadre de programmation pays”, a expliqué avec précision le représentant de la FAO en RDC, Aristide Ongone Obame.

En clair, la FAO s’est fixé des priorités qui s’étendent sur une période de cinq ans pour appuyer le gouvernement congolais.

“pour la période 2019-2023, nous avons retenu quatre priorités sur lesquelles on va accompagner le gouvernement. La première priorité, c’est la gouvernance du secteur agricole, pêche et élevage. Il faut bien entendu que ce secteur ait les capacités de répondre aux besoins des populations. La deuxième priorité, c’est le renforcement et le développement de ce qu’on appelle les chaines de valeur, les filières dans le secteur végétal, animal et agricole. La troisième priorité, c’est la promotion d’une gestion durable de l’environnement. Et bien entendu, la protection des ressources naturelles et l’adaptation aux changements climatiques. Le changement climatique devient un domaine qu’il faut prendre désormais en compte dans toute politique de développement du secteur rural. Et enfin, nous avons la résilience. La résilience des populations, cela veut dire quoi ? Cela veut dire qu’il faut que ces populations soient résilientes aux différents chocs dont elles sont victimes, auxquels elles font face, et de soutenir des moyens d’existence des populations face à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle”, a-t-il ajouté

Pour la FAO, la mise en œuvre de tous ces projets retenus dans le cadre de ce CPP, c’est-à-dire le Cadre de programmation pays 2019-2023, nécessite la mobilisation d’un montant indicatif évalué avec le gouvernement à 155 millions de dollars américains pour cette période-là, l’accompagnement de la FAO. On est en 2020, donc c’est un cadre qui vient juste de commencer, depuis l’année passée.

nous avons déjà, sur les 155 millions de dollars, mobilisé 38 millions de dollars. La mobilisation se fait de manière positive et d’ici 2023, tout ce budget sera mobilisé pour accompagner efficacement le gouvernement. Il en résulte, je disais, qu’un besoin de 117 millions nous restent à mobiliser d’ici 2023 à travers les contributions volontaires, à travers les fonds propres de l’organisation et à travers aussi ce qu’on appelle la coopération Sud-Sud“, a-t-il conclu.

Sarah Isaka

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