Editorial : Il est essentiel que la communauté s’approprie le combat contre Ebola

Depuis plusieurs années, Ebola frappe de manière disproportionnée notre continent, et plus particulièrement les populations de la partie de la Rdc, entrainant de vastes pertes en vies humaines et causant des pertes économiques considérables dans des contextes de pauvreté extrême.

Nombreux sont les observateurs qui ont constaté que les ravages provoqués par cette épidémie reflètent la faiblesse des systèmes de santé, incapables de répondre à de tels chocs, alors que d’autres soulignent la difficulté des partenaires à coordonner leurs actions. La République Démocratique du Congo, est confrontée à sa dixième épidémie d’Ebola. Chaque nouvelle épidémie provoque un enchaînement de réactions similaires : mobilisation des prestataires de soins et des partenaires techniques et financiers, déploiement de ressources matérielles et humaines colossales, mobilisation des médias, etc.

Quelles leçons pouvons-nous tirer de cette succession d’épidémies qui se suivent mais ne se ressemblent pas ?

La première leçon, c’est que chaque épidémie a sa particularité. Tenir compte du contexte géographique, socioculturel ou économique et ajuster la réponse en fonction de cela est d’une importance fondamentale. Second enseignement ? Mobiliser des ressources aussi considérables soient-elles est insuffisant en l’absence de solides mécanismes de coordination entre les acteurs qui cherchent à éradiquer l’épidémie. La troisième leçon, la plus importante, est que pour éradiquer Ebola, il est essentiel que la communauté s’approprie ce combat.

Il est donc essentiel, dans la planification des programmes de santé, de donner la part belle à la communauté. A Béni, dans le Nord Kivu, foyer de la dixième épidémie d’Ebola, on sait que la résistance communautaire a entravé les efforts des spécialistes de santé. Or pour vaincre l’épidémie, la population constitue le meilleur allié. Les relais communautaires, en communiquant l’information auprès des populations et en détectant les premiers symptômes, jouent un rôle fondamental.

L’action communautaire est un combat de longue haleine, et renforcer la confiance entre les communautés et les prestataires des soins dans les structures de santé est un impératif. Maintenir les mesures d’hygiène individuelle et alimentaire qui ont tendance à disparaitre une fois l’épidémie endiguée, va fortement dépendre du niveau d’implication de la communauté.

Ebola, c’est aussi et avant tout un défi de développement. Permettre aux populations de gagner leur vie en créant des emplois et en améliorant l’accès aux services de santé et à l’éducation est en fin de compte le meilleur rempart contre Ebola.

Eugide Abalawi Ndabelnze

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *