A l’Onu, la Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Michelle Bachelet plaide pour la justice transitionnelle dans les conflits et les situations post-conflits

Lors d’un débat sur la justice transitionnelle dans les conflits et les situations post-conflits, la Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Michelle Bachelet a encouragé le Conseil de sécurité reconnaître et à utiliser pleinement l’impact transformateur de la justice transitionnelle pour la paix et la sécurité internationales.

« J’encourage le Conseil de sécurité à reconnaître et à utiliser pleinement l’impact transformateur de la justice transitionnelle dans son examen des questions de paix et de sécurité internationales »,  a-t-elle déclaré.

« La communauté internationale, et ce Conseil en particulier, ont un rôle clé à jouer pour aider les États en transition dans ces processus complexes – en partageant leurs expériences, en demandant un soutien international et en encourageant la mise en œuvre d’approches véritablement globales », a-t-elle ajouté.

La paix n’éclate pas automatiquement lorsque les armes se taisent et que les crimes d’atrocité cessent – Michelle Bachelet

Rappelant qu’une paix durable est liée à la justice, au développement et au respect des droits de l’homme, la Haut-Commissaire a souligné que « la paix n’éclate pas automatiquement lorsque les armes se taisent et que les crimes d’atrocité cessent ».

Ainsi, au Soudan, le récent renversement du régime a été en grande partie motivé par des demandes de justice dans toute la société, construites au cours de décennies d’impunité pour les violations des droits.

Notant que les processus de justice transitionnelle ont montré à maintes reprises qu’ils pouvaient aider à répondre aux doléances, elle a déclaré que sa propre expérience au Chili l’avait convaincue que des processus spécifiques au contexte, pris en charge par le pays et axés sur les besoins et les choix éclairés des victimes pouvaient renforcer et transformer les sociétés.

Selon elle, les initiatives de recherche de la vérité permettent non seulement aux victimes de raconter leurs expériences, mais elles ouvrent également de nouveaux espaces au sein desquels les victimes et les auteurs peuvent rétablir un lien, facilitant ainsi la reconnaissance de multiples récits sur ce qui s’est passé et la formulation de recommandations de réparation et de réforme.

L’exemple des commissions de vérité dans les Amériques

Au cours des 30 dernières années, les commissions de vérité dans les Amériques et ailleurs ont fait progresser la justice transitionnelle, a-t-elle déclaré, en soulignant le rapport historique “Memoria del Silencio” (1999) de la commission de vérité du Guatemala, qui a offert un dossier faisant autorité sur les violations des droits pendant 36 ans de conflit, en donnant la parole aux victimes et en analysant la dynamique qui sous-tend les combats. 

En République démocratique du Congo, les consultations soutenues par les Nations Unies dans la région du Kasaï ont permis aux victimes d’exprimer leurs points de vue sur la vérité, la réconciliation et les réparations.

« Il est particulièrement crucial pour les forces militaires et de police, et plus largement, pour toutes les institutions gouvernementales, de regagner la confiance des communautés traumatisées et maltraitées », a-t-elle souligné.

Sans humilité et modestie, les risques d’échec sont réels – Michelle Bachelet

La Haut-Commissaire a décrit le travail en cours en Colombie sur les garanties de non-récurrence par le système global pour la vérité, la justice, la réparation et la non-répétition, citant la loi historique sur les victimes de 2011, qui appelle à une série de mécanismes pour prévenir et résoudre le conflit social, ainsi qu’à l’autonomisation juridique des victimes, à la restitution des terres distribuées et à des mesures pour démanteler les structures économiques et politiques qui ont bénéficié et apporté un soutien aux groupes armés.

Citant la résolution du Conseil sur le « maintien de la paix », elle a déclaré que la création de la confiance entre les anciens ennemis sera toujours un défi. 

La justice transitionnelle ne peut pas être importée ou imposée de l’extérieur, a-t-elle fait valoir.  Au contraire, les permutations de la justice transitionnelle, dirigées et appropriées localement, ont les meilleures chances de succès. 

« Sans humilité et modestie, les risques d’échec sont réels », a-t-elle assuré. 

La justice transitionnelle ne devrait pas être considérée comme une alternative à la responsabilité pénale des auteurs de crimes d’atrocité.  Toutefois, la responsabilité pénale devrait s’accompagner de mesures visant à soutenir la vérité, la justice, les réparations et les garanties de non-répétition, a-t-elle conclu. avec Onu Info

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