A la Une des journaux : Tshisekedi consulte, Kabila aussi consulte !

Après les chefs de regroupements politiques du FCC hier, l’ex-raïs a convoqué pour ce mardi à sa ferme de Kingakati, les députés nationaux et sénateurs membres de sa plateforme politique.

En attendant le début effectif de consultations annoncées par FATSHI, Forum des As annonce que l’autorité morale du Front Commun pour le Congo (FCC) bat déjà le rappel des troupes. Après s’être entretenu hier lundi 26 octobre avec tous les chefs des regroupements de sa plateforme politique dans sa ferme de Kingakati dans l’est de Kinshasa, Joseph Kabila devrait également s’entretenir, sauf changement de dernière minute, ce mardi 27 octobre avec les députés nationaux et sénateurs membres du FCC.

Cette invitation survient après l’annonce des consultations par le Président de la République, Félix Tshisekedi, avec les acteurs sociopolitiques “les plus représentatifs”, en vue de créer l’union sacrée de la nation.De la première rencontre, Kabila-chefs des regroupements du FCC, pas grand-chose n’a filtré. D’après les participants, c’était une traditionnelle réunion de famille. « Nous étions là dans une réunion de famille parce que cela faisait longtemps …», a déclaré François Rubota sur Top Congo hier.

Mais sans jouer au devin, on sait que c’est pour une prise de position commune face à la mise en place d’une « Union Sacrée » annoncée par le Président de la République Félix Tshisekedi.C’est dire que la rencontre de ce jour, avec les élus, va être plus que déterminante dans la mesure où il sera question de faire le compte de fidèles.

Pour nombre d’observateurs, si ce mardi, toutes les troupes répondent à l’appel, cela voudrait dire en termes clairs qu’elles lui réaffirment leur loyauté. Et par ricochet, il y aura peu de chance que les lignes bougent au niveau de l’Assemblée nationale. Ce sera donc difficile qu’il y ait changement de majorité parlementaire. Surtout dans une Assemblée nationale où le FCC de Joseph Kabila dispose de 341 sièges sur les 500 que compte l’Hémicycle pour 47 sièges à la plate-forme de Tshisekedi et 112 à l’opposition.

Pour renverser la majorité kabiliste, il faut non seulement aspirer toute l’opposition mais aussi retourner près d’une centaine de voix du FCC. Dans ce cas, on verrait mal comment FATSHI pourrait gagner le pari fou qu’on lui attribue de prendre le contrôle de l’Assemblée nationale et encore moins cet autre rêve qu’on lui attribue de vouloir dissoudre l’Assemblée nationale.

Obtenir la dissolution de l’Assemblée nationale dans le contexte actuel parait très difficile pour plusieurs raisons. Sur le plan politique, l’article 148 de la Constitution dispose : « En cas de crise persistante entre le Gouvernement et l’Assemblée nationale, le Président de la République peut, après consultation du Premier ministre et des présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, prononcer la dissolution de l’Assemblée nationale ». On n’en est pas encore là.

Techniquement, ce n’est pas non plus facile. Car l’alinéa 3, de l’article 148 prévoit qu’« à la suite d’une dissolution de l’Assemblée nationale, la Commission électorale nationale indépendante convoque les électeurs en vue de l’élection, dans le délai de soixante jours suivant la date de publication de l’ordonnance de dissolution, d’une nouvelle Assemblée nationale.» Or l’actuel bureau de la CENI est fin mandat, il faut attendre le nouveau bureau de la Centrale électorale qui n’est pas encore mis sur pied.

Et pour que ce dernier soit nommé par le Président de la république, il doit être adoubé par l’Assemblée nationale, la même qui est encore en place. A cette autre difficulté s’ajoute la sempiternelle question du fichier électoral. Et tant qu’une nouvelle Ceni n’est pas mise sur pied, parler de la dissolution de l’Assemblée nationale relève de l’utopie, soulignent des observateurs avertis.

Autre obstacle, et pas de moindre, l’argent. Ce n’est un secret pour personne, les élections dans un pays sous-continent comme la RDC sont évaluées à des centaines de millions de dollars. Mais où trouver ces ressources financières en si peu de pour un Gouvernement qui en a bien besoin pour payer les enseignants, les fonctionnaires, les militaires, les médecins…?Le Président de la République peut-il compter sur ses consultations afin de trouver de nouveaux équilibres au niveau du pouvoir ? Wait and see.

Alors, comment le Président de la République pourra-t-il mettre en application les résolutions issues de ses consultations sans le FCC ? s’interroge La Prospérité. Une seule possibilité s’offre à lui, retorque ma consoeur. Un coup de force.  Un coup d’Etat dans lequel il neutralise toutes les Institutions à part la sienne.

Cela provoquerait une crise dont les frémissements  sont difficiles à évaluer. Les observateurs politiques ne le voient pas s’engager sur une telle voie.  Elle ne correspond ni à son profil, ni à son passé politique.

Alors vers quoi s’achemine-ton ?  Vers des conseils donnés au FCC susceptibles de l’exposer aux yeux des Congolais comme l’ennemi de la bonne marche de la République et des Institutions.

Le Président aura là une bonne moisson d’arguments à utiliser contre ses alliés du FCC dans les joutes électorales à venir où ils ne jouiront plus des mêmes facilités que les fois passées. 

Le FCC devra  concourir avec peu d’arguments et aussi avec moins des facilités institutionnelles qu’en 2018 et en 2011. C’est vers ces élections là que le Président de la République trouvera sa majorité. N’empêche que la tentative était bonne.

Entre temps, renchérit Le Potentiel, le bureau politique du Parti des Démocrates pour la Bonne Gouvernance (PDG) a examiné la haute portée du discours du président de la République Félix-Antoine Tshisekedi prononcé le vendredi 23 octobre devant la nation congolaise.

De cette analyse, il ressort que le chef de l’État a su identifier le mal qui bloque le bon fonctionnement des institutions de la République, notamment le défi sécuritaire dans la partie Est du pays, la réforme de la Centrale électorale, l’indépendance de la magistrature, la crise socioéconomique ou le dysfonctionnement de la territoriale et de la diplomatie congolaise, le PDG constate avec dépit, que le chef de l’État a dénoncé sans prendre la décision courageuse de rupture que tout le monde attendait.

Toutefois, il encourage Félix Tshisekedi à tenir bon, car le peuple gagne toujours. Avant de lancer à la communauté internationale, spécialement aux États-Unis et à l’Union européenne de soutenir utilement et efficacement la volonté du peuple congolais qui ne jure que par la rupture de l’accord FCC-CACH.

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