A la Une des journaux congolais: Week-end chaud à Kinshasa !

Vivement une mobilisation accrue des forces de l’ordre pour parer à toute éventualité. Week-end chaud à Kinshasa. La Jeunesse kabiliste organise ce samedi 14 novembre, une grande marche pacifique pour protester contre toute violation de la Constitution du 18 février 2006, en vigueur en RD Congo. La procession partira de la Place Echangeur de Limete, annonce le numéro 1 de cette structure des jeunes fidèles au président honoraire congolais, Joseph Kabila.

Selon Forum des As, “Ce samedi, tous les jeunes Kabilistes se rassembleront à partir de 8h00 à la Place Echangeur de Limete, point de départ de notre marche, jusqu’à la Place du Cinquantenaire située en face du Palais du peuple, siège du Parlement, en passant par les boulevards patrice-Emery Lumumba, Jason Sendwe et Triomphal”, déclare la même source, contactée hier jeudi par notre consœur Top Congo FM. Simple coïncidence ?

Ce même samedi 14 novembre l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) entend battre le pavé pour soutenir les consultations politiques, initiées depuis le 2 du mois en cours, par le Président Félix Tshisekedi au Palais de la nation. Augustin Kabuya, secrétaire général du parti de l’actuel Chef de l’Etat congolais, l’a déclaré dans son harangue très critiquée, tenue au cours d’une matinée politique organisée au siège national de l’Udps à la 11ème rue Limete.

Reste à savoir si l’Autorité urbaine donnera un avis favorable à l’organisation de ces deux marches. Toutefois, plus d’un observateur, considérant les sensibilités politiques des deux camps, anticipe pour dire que le chef de l’administration de la capitale pourrait ajourner l’une des deux marches.

Toujours est-il que la constitution du 18 février a banni le régime d’autorisation préalable pour instaurer celui d’information. Selon l’article 26 de ladite constitution, “la liberté de manifestation est garantie. Toute manifestation sur les voies publiques ou en plein air, impose aux organisateurs d’informer par écrit l’autorité administrative compétente.

Sous réserve de la réaction de l’Hôtel de ville, les deux marches de ce samedi, au cas où elles seraient “autorisées”, sont organisées dans un contexte très particulier de conflit ouvert entre les deux principales plateformes de la coalition au pouvoir. A savoir le Front commun pour le Congo (FCC), dirigé par l’ancien président Joseph Kabila et le Cap pour le changement (CACH), porté par l’actuel Chef de l’Etat Félix Tshisekedi.

Depuis plusieurs semaines, les deux camps se regardent en chiens de faïence.Au stade actuel de la crise, l’édifice de la coalition présente des fissures béantes qui présagent son écroulement imminent. Le refus des cadres de la famille politique de Joseph Kabila, de participer à la cérémonie de prestation de trois juges de la Cour constitutionnelle, présidée par Félix Tshisekedi le mercredi 23 octobre dernier au Palais du peuple, est à ce jour, la dernière grosse goutte qui a fait déborder le vase déjà plein.

Depuis, les deux camps antagonistes d’hier, devenus “amis” au terme de l’accord de la coalition FCC-CACH, sont redevenus des adversaires politiques. Ce, après une année et 10 mois seulement du quinquennat de Félix Tshisekedi.Compte tenu de ce climat politique délétère, d’aucuns redoutent des étincèlles dans l’air ce samedi à Kinshasa, au cas où les deux manifs seraient autorisées par l’autorité de la ville de Kinshasa.

Dans un environnement politique d’intolérance, la procession de la Jeunesse kabiliste devant le siège national du parti présidentiel, pourrait être perçue de mauvais œil par la base de l’Udps. D’ores et déjà, des observateurs avertis redoutent des actes de provocation qui pourraient se solder au mieux par des violences verbales, et au pire, par des scènes de bagarres comme dans un combat sauvage d’une compétition de catch américain.

A toute éventualité, on ne voit pas la base de l’Udps ne pas répondre à l’appel du secrétaire général de leur parti pour ce samedi. Ce, peu importe la suite éventuelle que pourrait leur réserver le patron de l’administration de Kinshasa. A priori, Gentiny Ngobila, se trouve devant une situation quelque peu délicate.

Acceptera-t-il, en toute conscience, que les deux camps antagonistes envahissent les rues de la capitale ce week-end ou devra-t-il carrément interdire les deux manifs? Là est donc la question. Toutefois, compte tenu de différents antécédents effleurés ci-dessus, d’aucuns estiment inopportune, l’organisation de ce genre de manifestations populaires dans un environnement d’impasse politique, comme c’est le cas présentement en RD Congo.

Dès l’instant où le FCC et le CACH sont désormais en procédure de “divorce” officiel, il y a fort à craindre que les deux manifs ne puissent précipiter les choses. Et ce, peut-être de la pire de manières que personne ne saurait maitriser ni contrôler.

Tout bien considéré, de nombreux observateurs considèrent les deux marches projetées ce samedi, comme une alerte générale donnée à ceux qui ont la charge de la sureté de l’Etat. Mais aussi et surtout, de la sécurité de la population et de ses biens.

Car, que ce soit sous le régime de feu le maréchal Mobutu, tout comme pendant les deux décennies Kabila, ce genre de manifestations populaires se sont généralement soldées par la destruction criminelle des biens privés. Surtout l’attaque des sièges de certains partis politiques concurrents. Pour toutes ces raisons, le dispositif sécuritaire mérite un renforcement proportionnel au défi à relever.

A savoir, préserver les biens publics et privés, d’éventuelles attaques des manifestants “incontrôlés”. Dans un pays comme la RD Congo, très abonné aux enquêtes généralement sans suite, la prévention vaut mieux que la guérison.

Pendant ce temps, Atundu appelle Félix Tshisekedi à sauver la coalition ! écrit La Prospérité. Si l’on en croit ma consoeur, Pour le salut de tous et l’intérêt réel des populations congolaises, il y a nécessité et urgence à revenir aux fondamentaux de la Constitution et de l’Accord de coalition par le respect des textes, grâce à une gestion collégiale,  telle que convenue préalablement.

C’est-à-dire, l’exclusion de tout ce qui pourrait prendre le partenaire par surprise. C’est de l’irrespect des termes de cet accord qu’est né le malentendu mélodramatique au sujet de la nomination contestable des Juges de la Cour de Cassation et de la cérémonie de leur prestation de serment. Pour mettre fin à cette situation qui n’honore ni la démocratie,  ni la coalition, il faudrait éviter de trafiquer les textes et d’instrumentaliser la Justice. 

Car,  la Justice instrumentalisée et au service du politique n’élève,  en aucun cas,  une Nation. Il y a donc intérêt à préserver le juge de toute pression inconsidérée de quelque nature que ce soit pour lui permettre de jouer en toute sérénité intellectuelle et en pleine conscience morale,  son rôle de censeur universel dans la vie politique et nationale, et ce, dans le respect de la discipline du corps judiciaire et de la déontologie de la justice vis-à-vis du citoyen, grâce à la dépolitisation du Magistrat et de la procédure. 

C’est là que le rôle de la Cour de Cassation est crucial en tant que responsable de l’unité dans l’interprétation des lois. Mais,  puisque la démocratie est caractérisée par un contrôle croisé et réciproque des pouvoir judiciaire, exécutif et législatif, il y a peut-être lieu, afin d’éviter l’impression dangereuse, dans le chef du Juge, d’une liberté sans limite et sans contrôle, de transformer le Conseil Supérieur de la magistrature en Conseil Supérieur de la Justice pour y inclure l’œil du Peuple par l’incorporation de la société civile,  a déclaré hier, lors d’un point de presse, André Alain Atundu,  en sa résidence sur les hauteurs de Binza/Macampagne.

Entre temps, UN Human Rights DRC condamne les propos « incendiaires » attribués à un responsable de l’UDPS, indique Le Potentiel.

Selon mon confrère, le secrétaire général de l’Udps, Augustin Kabuya a, au cours d’une matinée politique, au siège du parti, mis en garde les membres de la famille politique de Joseph Kabila. Il dénonce un acte de sabotage du ministre des Finances qui bloquerait, selon lui, la paie des agents des forces de sécurité et des fonctionnaires afin d’opposer ces derniers au chef de l’Etat.

Dans cette indexation, l’appel aux militants de lui régler ses comptes parait excessif. D’où, la crainte pour l’intégrité physique de ce membre du gouvernement.

Dans la situation délétère actuelle caractérisée, notamment, par une tension politique au sein de la coalition au pouvoir, les déclarations du Sg de l’UDPS ont suscité la réaction de Human Rights RDC qui a haussé le ton.

Dans un tweet, mercredi 11 novembre, « UN Human Rights DRC condamne fermement les propos incendiaires attribués à un responsable de l’UDPS qui sont de nature à inciter à la violence. Elle met en garde contre de tels propos et appelle les acteurs politiques de tous bords de s’abstenir de tenir des discours pouvant porter atteinte à la paix et la cohésion sociale. Les menaces contre les personnes et leurs biens sont contraires à la loi et aux exigences d’une société démocratique. Elle invite les autorités à prendre des mesures pour prévenir et sanctionner leurs auteurs ».

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