A la Une des journaux congolais: Tunda Ya kasende attendu ce lundi au Parquet général près la Cour de Cassation

Ouvrons cette revue de presse nationale par le journal Le Phare qui note d’entrée de jeu qu’après avoir passé environ trois heures au Parquet général près la Cour de Cassation et y avoir été longuement auditonné, suite à son interpellation par cette juridiction le samedi 27 juin 2020, Me Célestin Tunda Ya Kasende, vice-premier ministre et ministre de la Justice et Garde de Sceaux, a improvisé une caravane motorisée pour son retour à sa résidence, à Binza-Delvaux, ponctuée d’une brève escale au siège du PPRD (Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie), dans la commune de la Gombe.

Selon le journal Le Phare, Il y avait, dans sa suite, de nombreux dignitaires de la famille politique de l’ancien Chef de l’Etat, notamment Ramazani Shadari et Aubin Minaku, sans oublier une forte présence de badauds, à qui le prétendu heureux « vainqueur » de la justice a offert à boire.

Les observateurs notent qu’en marge de cette tournée triomphale, le dossier de Me Tunda reste pendant devant le Parquet général près la Cour de Cassation, où il est attendu ce lundi 29 juin, pour être auditionné sur des faits à sa charge.

 La preuve que le dossier n’est pas clos est qu’il se trouve sous le régime de la résidence surveillée.

On rappelle que l’intéressé est poursuivi pour « faux et usage de faux » à la suite de la transmission par ses soins, en date du 18 juin 2020, à l’Assemblée Nationale, d’une lettre faisant état de l’avis favorable du gouvernement aux trois propositions de lois initiées par les députés nationaux Aubin Minaku et Garry Sakata, alors que tel n’était pas le cas.

 Signalons que lesdites propositions de lois visent à modifier et compléter la « Loi n°13/011 du 13 avril 2013 portant organisation, fonctionnement et compétence  des juridictions de l’ordre judiciaire » ; également la « Loi n°06/20 du10 octobre 2006 portant Statut des Magistrats, telle que modifiée et complétée par la Loi organique n°15/014 du 1er août 2015 » ; et enfin la « Loi organique n°08/013 du 05 août 2008 portant organisation et fonctionnement du Conseil Supérieur de la Magistrature ».

C’est à la suite du feu vert de Célestin Tunda, attribué à l’ensemble du Gouvernement, que l’Assemblée Nationale a programmé l’examen de ces textes d’abord à la Conférence des présidents et ensuite à la Commission Politique Administre et Juridique, avec tous les dégâts humains et matériels enregistrés à Kinshasa, Mbuji-Mayi, Lubumbashi ainsi que d’autres contrées de la République, où l’indignation du peuple était à son comble face à cette nouvelle tentative de mise de la magistrature sous la coupe du ministre de la Justice.

De l’avis de nombreux observateurs, le VPM Tunda est non seulement coupable de faux, pour avoir fait croire à l’Assemblée Nationale que le gouvernement était totalement d’accord avec la démarche antidémocratique du duo Minaku/Sakata, mais ensuite avoir tenté de placer devant le fait accompli le Chef de l’Etat, l’unique détenteur du pouvoir discrétionnaire de nomination des magistrats du siège que des parquets, sur proposition du Conseil Supérieur de la Magistrature.

Il est à espérer qu’il va trouver des arguments solides pour justifier son initiative en solo, en violation des textes portant organisation et fonctionnement du gouvernement. S’il ne fait pas attention, il risque de rejoindre, très bientôt, à la Prison Centrale de Makala, l’échantillon des « Kuluna » en cravate qui se croyaient intouchables.

La Prospérité relève pour sa part que Dans sa 26ème Tribune, l’ancien Premier ministre rappelle que pour parvenir à l’indépendance de la Justice et à un Etat de droit, il est nécessaire de doter au pouvoir judiciaire des moyens budgétaires nécessaires à son indépendance. « Il n’existe pas d’Etat de droit sans justice, ni de justice sans moyens de son indépendance », note-t-il, soulignant que la stabilité d’un Etat s’observe à travers l’équilibre entre les trois institutions classiques et se traduit par une répartition équitable des ressources budgétaires allouées aux trois pouvoirs traditionnels.

Que veut le Pprd? s’interroge le journal Le Soft International. Qui ne comprendrait que le feu de brousse ayant pris, il est susceptible de mettre à mal tous les animaux de la jungle et que les petits rats ne trouveraient leur salut qu’en courant se réfugier dans des trous? Mais en même temps comment vouloir une chose et son contraire?

Si on veut l’Etat de droit, son levier n’est-il pas une justice libre et indépendante «rendue (…) au nom du Peuple (art. 149, al. 3) et que «les arrêts et les jugements ainsi que les ordonnances des Cours et tribunaux sont exécutés au nom du Président de la République» (art. 149, al. 4)? Et qui est ce président sinon Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo?
La Constitution énonce clairement que «le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif» (art 149, al. 1); qu’il «est le garant des libertés individuelles et des droits fondamentaux des citoyens» (art. 150, al. 1); que «les juges ne sont soumis dans l’exercice de leur fonction qu’à l’autorité de la loi. Le magistrat du siège est inamovible. Il ne peut être déplacé que par une nomination nouvelle ou à sa demande ou par rotation motivée décidée par le Conseil supérieur de la magistrature» (art. 150, al. 2).

De même, «le pouvoir exécutif ne peut donner d’injonction au juge dans l’exercice de sa juridiction, ni statuer sur les différends, ni entraver le cours de la justice, ni s’opposer à l’exécution d’une décision de justice. Le pouvoir législatif ne peut ni statuer sur les différends juridictionnels, ni modifier une décision de justice, ni s’opposer son exécution. Toute loi dont l’objectif est manifestement de fournir une solution à un procès en cours est nulle et de nul effet» (art. 151).
Ce sont là des principes intangibles que porte la Constitution de la République.

Que veut le PPRD? Pourquoi les lois Minaku (du nom de l’ancien président de l’Assemblée nationale Aubin Minaku Ndjalandjoku qui aura battu tous les records à cette fonction, soit sept ans, de 2012 à 2019 au moment où il dirigeait la Majorité présidentielle) soutenues publiquement comme jamais, sur tous les médias, sur les réseaux sociaux, par toute la machinerie estampillée PPRD, veulent-elles changer la donne en profitant d’une majorité qui n’incarne pas le pays?

Pourquoi les hauts gradés du PPRD qui a mis les gros moyens, donc, aussi lourdement déployés, intervenant en direct sous régime d’état d’urgence – signe d’une préméditation – veulent-ils faire croire que ces propositions vont renforcer l’Etat de droit quand elles cherchent à faire du magistrat de parquet un fonctionnaire obéissant aux ordres du ministre, c’est-à-dire, à ceux d’un membre de l’Exécutif à l’étiquette connue, la leur?

Le moment choisi aujourd’hui – au lendemain du procès des 100 jours et d’un début de polémique avec le président de la Cour constitutionnelle – n’est-il pas suspect, la crainte du feu de brousse qui a déjà pris et fait des victimes alors que cette même majorité n’avait jamais proposé en l’espèce des modifications quelconques quand le PPRD avait, des décennies durant, le pouvoir plein et entier du pays?

Le web journal lessntielrdc.info rapporte que le président américain a adressé un message fort au président de la Rdc à la veille du 60è anniversaire de l’accession du pays de Lumumba à la souveraineté nationale et internationale. Donald Trump met un accent particulier sur la lutte contre la corruption, un mal séculier qui gangrène la Rdc. Les USA sont déterminés à promouvoir la bonne gouvernance, le libre marché, la sécurité, la santé, le développement et l’éducation. 

“au moment où 2020, votre année d’action, se poursuit malgré les défis d’une pandémie mondiale et la ré-émergence d’Ebola, les États-Unis se réjouissent d’appuyer vos efforts visant à protéger les droits de l’homme, à lutter contre la corruption et à promouvoir la bonne gouvernance, le libre marché, la sécurité, la santé, le développement et l’éducation. Je reste confiant que ces efforts aboutiront au changement auquel le peuple congolais aspire et ouvriront la voie aux opportunités et à l’avenir meilleur que la République démocratique du Congo mérite”, écrit Donald Trump, fin de citation.

Une sélection de la Rédaction de L’Essentiel

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