A la Une des journaux congolais : Mabunda pourrait perdre son marteau

Les journaux congolais parus ce jour, foisonnent avec des Unes aussi accrocheuses que diversifiées. C’est le cas du journal Forum des As qui tire en manchette : ” rapport financier de l’Assemblée nationale, Mabunda contre Puela: premier round ce mercredi au Conseil d’Etat.

Selon ce journal, la première audience de l’affaire qui oppose le député national, Fabrice Puela au Bureau de l’Assemblée nationale dirigé par Jeanine Mabunda aura lieu ce mercredi au Conseil d’Etat. 

La haute juridiction du pays va trancher sur la requête de l’élu de Matadi exigeant la démission du Bureau de l’Assemblée nationale pour n’avoir pas déposé le rapport financier de la session de mars dans le délai.

Pour l’élu de Matadi, la présidente de la Chambre a violé l’article 139 de son règlement intérieur. Cet article dispose, à son alinéa 6 :” À la fin de chaque exercice budgétaire, le Bureau présente à l’Assemblée plénière un rapport complet de la gestion financière de l’Assemblée nationale dans les trente jours après l’ouverture de la session de mars. Passer ce délai, le bureau est réputé démissionnaire “.

A la veille de la première audience du Conseil d’Etat, les juristes interprètent les lois selon que l’on est dans un camp ou dans un autre.Le professeur Auguste Mampuya, qui semble prendre la défense du Bureau de l’Assemblée nationale demande au conseil d’Etat de rejeter la requête de Fabrice Puela.

Pour cet enseignant de droit à l’Université de Kinshasa, le Conseil d’Etat n’est pas compétent pour se prononcer sur une affaire législative.Il a souligné que seule la plénière est habilitée à se prononcer sur une question qui énerve le règlement intérieur de l’Assemblée nationale et non un député de manière unilatérale comme le cas sous examen avec Fabrice Puela qui n’a pas qualité.

On se rappelle que le même argument, développé par le Bureau de l’Assemblée nationale n’avait pas empêché le Conseil d’Etat de trancher en faveur de Jean Marc Kabund qui l’avait saisi pour suspendre sa déchéance au poste de Premier vice-président de la Chambre basse décidée par la plénière.

Par conséquent le Conseil d’Etat avait également décidé la surséance de l’élection du premier vice-président de l’Assemblée nationale en remplacement de Jean-Marc Kabund.

Sur ordre du Procureur près de la Cour de cassation, les éléments de la police avaient le Palais du peuple et empêché les députés nationaux d’accéder à la salle de congrès pour tenir la plénière consacrée à l’élection du 1er vice-président de l’Assemblée nationale.

Le même scénario va-t-il se répéter dans ce nouveau feuilleton signé par Fabrice Puela? s’interroge Forum des As.

Dans le camp du requérant, on se frotte déjà les mains.Les avocats de Fabrice Puela qui seront devant le prétoire aujourd’hui sont assurés de la démission du Bureau de l’Assemblée nationale.

Ils soutiennent que l’interprétation de l’article 139 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale est sans équivoque.” Le Bureau de l’Assemblée nationale est réputé démissionnaire faute de soumettre le rapport de financier à la plénière un mois après l’ouverture de la session ordinaire ” Selon Fabrice Puela, à la date du 15 avril 2020 le Bureau de l’Assemblée nationale n’a pas déposé ledit rapport à la sanction de la plénière.

Ce que rejette le Bureau de l’Assemblée nationale qui affirme par la bouche de son rapporteur soumis déposé le rapport financier de la session de mars dans le délai dans une plénière organisée à format réduit dans le contexte de la pandémie de Covid-19 Comme il fallait s’y attendre, cette affaire judiciaire prend déjà des colorations politiques.

Dans la famille politique du Chef de l’Etat, la requête de Puela est une aubaine pour avoir la tête de Jeanine Mabunda, en froid avec Félix Tshisekedi depuis la nomination et la prestation de serment de trois juges de la Cour Constitutionnelle.

Dans les officines de l’UDPS, on est de plus en plus convaincu que la déchéance de Mabunda et de l’ensemble de son bureau facilitera la requalification de la Majorité à l’Assemblée nationale archi dominée par le Front Commun pour Congo, regroupement politique cher à Joseph Kabila.

La présidente de l’Assemblée nationale qui ne s’avoue pas vaincue est réconfortée par le soutient de la majorité des députés de sa famille politique qui ont rejeté en bloc l’action initiée par Fabrice Puela au niveau du Conseil d’Etat.

Au nombre de soutien de la présidente de l’Assemblée nationale, il y a les mamans maraîchères. Elles ont organisé un sit-in lundi 16 novembre devant le Conseil d’Etat pour soutenir Jeanine Mabunda.

Ce n’est pas tout. Les assistants parlementaires des députés du FCC ont désapprouvé la démarche de l’élu de Lamuka. Ils accusent Fabrice Puela de chercher à se venger contre les députés FCC qui avaient voté en faveur de Jean Jacques Lungwana contre sa candidature au poste de rapporteur de l’Assemblée nationale qui revenait à l’opposition.

Face à la tension entre les deux regroupements politiques qui composent la majorité au pouvoir, l’affaire qui oppose Fabrice Puela et le Bureau de l’Assemblée nationale risque de jeter l’huile au feu.

Et Le Soft International d’enfoncer le clou en titrant Mabunda pourrait perdre son marteau ! Mon confrère écrit à la ligne, Dans une toute récente vie, tous les deux ont eu un point commun. Ils ont eu maille à partir avec leur parti. Jeanine Mabunda Lioko n’a jamais été le choix des apparatchiks de l’ex-parti présidentiel mais celui personnel du désormais président statutaire du PPRD Joseph Kabila Kabange. Un choix surprenant mais stratégique qui laissa sans voix les différentes autorités de ce parti, à divers échelons, qui, très vite, ont entrepris de défenestrer la «Chairperson».

Choix salué néanmoins au sein de la communauté internationale au point où la Nancy Pelosi des Tropiques a été admise à Paris dans un club jusque là inconnu de femmes au titre de l’une des femmes les plus influentes de la Planète Terre ! Sauf que quand les grands médias vous montent, tout devient suspect et à l’ex-parti présidentiel, nul ne pouvait l’ignorer.

Tout commence avec le dossier Malonda (le tout puissant secrétaire exécutif de la CENI Ronsard Malonda Ngimbi qui fit la pluie et le beau temps dans les bureaux de dépouillement et devant des juges électoraux), candidat présenté par le président fin mandat de la Commission électorale nationale indépendante Corneille Nangaa Yobeluo, entériné début juillet à la hussarde par la plénière de l’Assemblée nationale sans que ni CACH, ni le Président de la République n’en soit informé, au grand désarroi de tout un pays qui se déversa dans la rue en guise de protestation parfois violente.

S’ensuit l’éviction pour le moins inamicale sinon carrément hostile du perchoir du 1er Vice-président du bureau de l’Assemblée nationale qui n’est autre que le tout puissant président a.i. de l’UDPS Jean Marc Kabund-A-Kabund. Puis, cerise sur le gâteau, mépris sinon outrage systématique de l’autorité et de la personne du Président de la République (recours à des communiqués de presse par attaché de presse pour communiquer avec le Président de la République, mieux, pour réagir aux initiatives présidentielles, refus d’assister à la cérémonie de prestation de serment des juges constitutionnels suite aux ordres du PPRD, etc.), la coupe était pleine. Sans doute trop… Mabunda peut-elle survivre?

Abondant dans le même sens, La Prospérité indique qu’hier, mardi 17 novembre 2020, face à un parterre de journalistes, les Députés nationaux Toengaho et André Tambwe ont donné la lumière concernant les procédures parlementaire et juridique à travers le dépôt du rapport de gestion 2019 de l’Assemblée nationale.

C’était aussi une occasion pour le professeur Toengaho de démontrer, preuve à l’appui, que le bureau Mabunda a bel et bien déposé le rapport le 15 avril 2020, alors que la session marquée par la covid19 s’était ouverte le 16 mars 2020. La commission mise en place a présenté son rapport qui a été discuté et adopté le 7 juillet par l’auguste plénière.

Evoquant l’aspect juridique de cette démarche de son collègue Fabrice Puela, le Député André Tambwe a expliqué le défaut de qualité dans le chef du requérant qui se ‘’substitué’’ à la plénière qui a le pouvoir de déchoir le bureau. Et même par rapport à l’objectif de sa démarche, à l’en croire, le Conseil d’Etat n’est pas qualifié pour statuer sur les décisions souveraines de la plénière de l’Assemblée nationale.

Dans un autre registre, Le Potentiel écrit “Fin des consultations présidentielles : Tshisekedi projette un gouvernement de mission”.

En attendant son second message à la nation, comme il l’avait promis, et sans pénétrer son secret, Félix Tshisekedi formera certainement un nouveau gouvernement. Ce dernier sera un « gouvernement de mission ». Il émanera de la nouvelle configuration d’une majorité parlementaire issue de l’Union sacrée de la Nation.

C’est donc sur ces trois axes principaux – élections, gratuité de l’enseignement, eau et électricité – que tout le monde attend voir le chef de l’État concrétiser ses promesses de départ, réitérées récemment dans son message à la nation du 23 octobre 2020.

On se souviendra que dans un paragraphe significatif, le président a dit : « Je ne laisserai aucun engagement politique, de quelque nature que ce soit, primer sur mes prérogatives constitutionnelles et sur l’intérêt supérieur du peuple ». Plus loin, il a renchéri : « Je ne transigerai jamais avec les intérêts supérieurs de la nation ». Ce sera le moment favorable de matérialiser son rêve et de concrétiser véritablement le souci qui l’anime pour le peuple.

Mais pour espérer relever de tels défis, il lui faut des hommes et femmes qui s’élèvent au-delà des clivages politiques et qui portent à cœur l’intérêt supérieur de la nation. C’est cela tout le sens à donner à l’annonce des consultations lorsqu’il a promis des décisions qui « n’excluront aucun cas de figure ».

Pour ce faire, le président de la République devra éviter de tomber dans des dilatoires qui lui font passer inutilement le temps, car une contrainte constitutionnelle de taille l’attend à la fin de son premier quinquennat en décembre 2023 : l’organisation des élections générales. À ce jour, personne, sauf peut-être ceux qui roulent pour leurs propres intérêts, n’acceptera un glissement comme on en a déploré en 2016 avec son prédécesseur. Les conséquences étaient telles que des Congolais ont versé de leur sang pour réclamer les élections qui ont porté Félix Tshisekedi à la tête du pays.

Aura-t-il intérêt à bâtir son pouvoir sur les tombes de ses compatriotes pour une négligence dont il serait coupable, faute de politique d’anticipation ? C’est le moment d’y penser, en formant un « gouvernement de mission » qui aura pour tâche principale : organiser les élections dans le délai prévu par la Constitution, pérenniser la gratuité de l’enseignement de base, assurer à la population la desserte en eau et en électricité.

Une sélection de la Rédaction de L’Essentiel

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