A la Une des journaux congolais: les gouverneurs FCC à Kinshasa pour rencontrer Fatshi ce jeudi

Plus de peur que de mal. Le Front Commun pour le Congo (FCC), autorise ses membres gouverneurs de provinces, à répondre à l’invitation du Président de la république dans le cadre de ses consultations nationales débutées le 2 novembre courant. Des sources dans la capitale indiquent que la méga plateforme politique dirigée par le Chef de l’Etat honoraire Joseph Kabila, aurait briefé chaque gouverneur sur le message à passer au Chef de l’Etat.

Selon Forum des As, après le quitus du FCC aux chefs des exécutifs provinciaux de son obédience, des mouvements vers Kinshasa seraient signalés.Le gouverneur du Haut-Katanga, Jacques Kyabula et son collègue du Tanganyika, Zoé Kabila, sont arrivés hier mercredi 11 novembre dans la capitale, pour participer aux consultations politiques initiées par le Président de la république Félix Tshisekedi. Les deux chefs des exécutifs provinciaux sont partis ensemble de l’aéroport de la Luano pour atterrir à N’Djili l’après-midi.

Sans jeter la poudre au feu, renchérit mon confrère Forum des As, on rappelle toutefois que le FCC, à la fin de sa deuxième retraite politique tenue du 6 au 8 novembre à Safari Beach, dans la banlieue de la capitale, avait déclaré ne pas être concerné par ces consultations du Palais de la nation. Brandissant les textes en vigueur, en l’occurrence le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, l’ancienne plateforme électorale née en juin 2018 à Kingakati, dit être souverainement opposée à « toute démarche tendant à la recomposition de la majorité parlementaire en pleine législature ».

Et Forum des As de rappeler que les gouverneurs étaient invités par le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Gilbert Kankonde, via un télégramme signé mardi 10 novembre, à participer à ces consultations politiques de Félix Tshisekedi.Ce sera la deuxième fois que le Président rencontre les gouverneurs pro-Kabila. Il l’avait fait le 13 mai dernier à l’occasion d’un séminaire à Kinshasa.

«Avant toute chose, je voudrais vous rappeler que vous êtes les dignes représentants du président de la République dans vos provinces respectives. Cela vous oblige d’adopter, dans la gestion de vos entités respectives, un comportement exemplaire», avait alors déclaré le nouveau président à l’ouverture d’un séminaire à l’intention des 23 gouverneurs élus en mars. «Ceci veut dire aussi que vous avez l’obligation d’élaborer vos programmes, en intégrant ma vision qui vise le développement intégral de notre pays», avait insisté le chef de l’Etat devant les chefs des exécutifs provinciaux, majoritairement FCC.

Le Potentiel note sur le Lobbying diplomatique du FCC que Kabila projette la perspective d’une instabilité aux conséquences incalculables. Ce journal poursuit à la ligne, pendant que Tshisekedi consulte, Kabila, lui, s’active sur le front diplomatique.

Depuis plusieurs semaines, en effet, l’ancien président congolais a initié une intense campagne auprès de plusieurs représentations diplomatiques en RDC, chez les parrains de l’accord de coalition qui le lie à Tshisekedi, mais aussi auprès de la Monusco.

Non seulement qu’il accuse son successeur de ne pas respecter les clauses de l’accord de coalition qui les lie, Joseph Kabila et son FCC promettent le pire si jamais leurs revendications ne sont pas prises en compte par le chef de l’État. Plus fort, critiquant la « transformation du cabinet du président de la République en un gouvernement parallèle », Kabila accuse Tshisekedi de vouloir « écarter » le FCC du « jeu politique ».

En termes diplomatiques, c’est tout dire. Une menace à peine voilée, mais que Tshisekedi devra prendre très au sérieux. Sinon, c’est son avenir politique qui est mis en danger.

Selon les informations glanées par Jeune Afrique magazine, depuis le lancement des consultations, Joseph Kabila a remis en personne une lettre aux ambassadeurs de l’Afrique du Sud, du Kenya et de l’Égypte, adressée aux présidents  garants  de l’accord  de coalition, ainsi qu’à Leila Zerrougui, cheffe de la Monusco et représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies en RDC, qui devait  transmettre  le  courrier  à Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU.

À  Kinshasa,  Joseph Kabila  a, selon la même source, demandé à son  ancien ministre  des Affaires étrangères, le  sénateur  Léonard She  Okitundu,  de  remettre  cette lettre  aux  ambassadeurs  de  plusieurs pays de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), dont l’Angola, le Zimbabwe, la Zambie, la Namibie et la Tanzanie ainsi qu’au nonce apostolique.

Pour ceux qui savent mesurer la  teneur  d’une  telle  correspondance diplomatique, la démarche de Kabila  n’est  pas moins  qu’un procès fait aux consultations initiées  par Félix Tshisekedi en  vue de former sa future « Union sacrée de la nation ». Le message est clair : c’est  toute  une  déclaration  de guerre qui ne dit pas son nom. Une intention malsaine, selon le journal Le Potentiel.

À lire entre les lignes cette correspondance,  renchérit le journal de l’avenue Bas Congo à Kinshasa, dont  une  copie  est parvenue au magazine Jeune Afrique, Joseph Kabila prend la communauté internationale à  témoin et prévient qu’en cas d’instabilité – ce qu’il prédit indirectement – il n’y sera pour rien.

« Mon intention, à ce stade, est d’informer [sur] cette déplorable situation », dit-il, priant ses interlocuteurs «  de  prendre  action dans le sens [qu’ils jugeront] approprié  en  vue  de  nous  aider  à parvenir à un fonctionnement des institutions conforme à la Constitution et à l’accord de coalition. Ce qui éviterait à notre pays la perspective d’une instabilité aux conséquences incalculables».

Visiblement, c’est un Kabila très furieux,  prêt  à  toute éventualité, quoiqu’il  arrive  et  quoiqu’il  en coûte. Sinon, pourquoi prendrait-il le loisir de s’adresser à tous ces diplomates ? Ce n’est pas pour le plaisir  de  s’exercer  en  écriture.

Loin s’en faut. D’ailleurs, la conclusion  de  sa  correspondance  est claire, lorsqu’il évoque sans ambages les  derniers  rendez-vous infructueux avec Félix Tshisekedi et l’échec des négociations du comité de suivi.

Jeune Afrique précise que l’ancien président reconnaît aussi avoir sollicité plusieurs diplomates. « Les ambassadeurs  représentant les chefs d’État témoins de l’accord de coalition (Afrique du Sud, Égypte et Kenya)  ainsi  que la  représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies, cheffe de la Monusco  [Leïla  Zerrougui],  ont été  pleinement  tenus  au  courant de  cette  situation. À  ce jour, ils n’ont pas réussi à faire revenir le président de la République sur la voie du respect de la Constitution, ainsi  que  des  règles  et  principes convenus dans l’accord  de coalition », a-t-il écrit.

… Et le peuple dans tout ça ? s’interroge mon confrère. Dans l’arène de cette nouvelle guerre diplomatique, si les acteurs politiques – en l’occurrence le FCC de Joseph Kabila – veulent en découdre avec son « frère-ennemi », le CACH, ce sera sans compter avec la volonté du peuple qui, pour rien au monde, n’est plus prêt à cautionner un coup de force, d’où qu’il vienne.

Si le pouvoir de Kabila, qui émane d’un lointain coup de force de l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo)  de  1997,  ceux  qui, aujourd’hui au sein du FCC, sont encore  hantés  par  une  réminiscence de mauvais goût, se tromperaient  d’époque.  Les temps sont révolus et les circonstances ne s’y prêtent pas.

A propos toujours des consultations les Evêques insistent sur deux impératifs martèle La Prospérité qui indique que dans un mémorandum, ils rappellent que : ‘’le peuple congolais, souverain primaire, attend de présentes consultations,  des résultats qui donnent des indications claires d’un nouveau système de gouvernance qui le mettrait au centre des préoccupations des acteurs politiques. Il y va de la crédibilité. La solution de l’union sacrée de la nation que vous entrevoyez n’en sera une que si ses composantes s’accordent avant toute autre considération à servir la population qui se sent aujourd’hui abandonnée’’.

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