A la Une des journaux congolais : invités aux consultations, des gouverneurs des provinces devant un dilemme !

Les consultations démarrées depuis le 2 novembre par le chef de l’État ont atteint leur vitesse de croisière et plus rien ne pourra les arrêter. Depuis bientôt deux semaines, Félix Tshisekedi a consacré ses journées à une série de contacts visant à consulter les leaders politiques et sociaux les plus représentatifs, à la suite de la crise au sein de la coalition au pouvoir. Selon lui, c’est pour recueillir leurs opinions à l’effet de créer une « Union sacrée de la Nation » autour des objectifs communs. Dans cet ordre d’idée, le vice-premier ministre Gilbert Kankonde invite les gouverneurs des provinces à prendre part aux consultations.

La plupart des chefs des exécutifs provinciaux étant du FCC, indique Forum des As, la question reste de savoir s’ils vont répondre à l’invitation du chef de l’Etat ou obéir au mot d’ordre de leur plateforme. Le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Gilbert Kankonde, demande à tous les gouverneurs de provinces de prendre des dispositions utiles afin de se rendre à Kinshasa, pour prendre part aux consultations initiées par le Président de la République Félix Tshisekedi. Cette invitation est contenue dans un télégramme daté d’hier mardi 10 novembre, signé par le Vice-premier ministre de l’Intérieur.

Comme gouverneurs de provinces, ils sont représentants du Chef de l’Etat et du Gouvernement central, et à ce titre, ils ne peuvent ne pas répondre à cette invitation de la hiérarchie. Bien évidemment la question ne se pose pas par rapport au chef de l’Exécutif provincial du Kasaï-Oriental, Jean Maweja, parce que UDPS. Il en est de même de quelques gouverneurs que le VPM Gilbert Kankonde a sauvés de la déchéance par les députés provinciaux. A savoir Atou Matoubuana du Kongo Central, Jean Bamanisa Saidi de l’Ituri et Joseph Stéphane Makumadi du Sankuru.

Pour les autres gouverneurs, très estampillés FCC, la décision n’est pas facile à prendre. Vont-ils répondre à l’invitation du Président de la République et donner leur lecture de la crise, laquelle est calquée naturellement sur la position du FCC ? Ou est-ce qu’ils vont carrément décliner cette invitation au motif du respect du mot d’ordre de leur plateforme? Un véritable dilemme cornélien. Difficile d’être à la place de ceux des gouverneurs qui battent pavillon FCC, écartelés qu’ils sont entre leur allégeance politique à leur regroupement politique et leur ” loyauté ” institutionnelle au Chef de l’Etat.

Mais, écrit Le Potentiel, pour susciter l’espoir du peuple, on aurait souhaité que les consultations de Félix Tshisekedi soient les plus inclusives possibles, de sorte qu’elles lui permettent de fédérer une large frange de Congolaises et Congolais autour du chef de l’État. Mais prétendre consulter des « leaders politiques et sociaux les plus représentatifs » sans ceux des plateformes FCC de Kabila et Lamuka Martin Fayulu (2ème à la présidentielle de 2018), serait certainement une occasion manquée de consolider la légitimité du pouvoir du président Tshisekedi.

En effet, tant que ces regroupements et leurs leaders continueront d’émettre des réserves et des doutes sur ce qui se fait au Palais de la Nation, il y a à craindre une perte de temps et d’énergies.

Il faudra le reconnaitre : la grosse épine de ces consultations reste sans aucun doute le FCC. En effet, la famille politique de l’ancien président de la République, Joseph Kabila, ne cesse de brandir des menaces sur l’issue des consultations qui se font autour du chef de l’État. À l’issue de leur récente retraite politique, les caciques du FCC non seulement refusent d’y prendre part, mais aussi prédisent déjà l’échec de cette louable initiative prise par le président de la République.

Quoiqu’il en soit, les consultations présidentielles suscitent à la fois espoir et doute : espoir si elles réussissent de fédérer toutes les forces vives vers une « Union sacrée de la Nation » ; doute si elles se rangeaient dans les tiroirs du « déjà-entendu » et du « déjà-vu » dont le seul objectif serait le partage du gâteau entre les politiciens pour se maintenir au pouvoir, en ignorant le peuple souverain. Ce qui irait à l’encontre de la déclaration du président lors de son message à la nation : « Le salut du Peuple est la loi suprême ».

Pour ne pas tomber dans ce piège, il est donc souhaitable que toutes les filles et tous les fils de la RDC y adhèrent sincèrement. Se mettre en marge serait une démarche suicidaire. Car, « la politique de la chaise vide ne paie pas », dit-on.

Entre temps, annonce le journal la Prospérité, l’actuel coordonnateur de la Coalition LAMUKA, Martin Fayulu Madidi, et son prédécesseur à ce poste, Adolphe Muzito, n’ont pas pris part, du moins jusque-là, aux Consultations présidentielles ouvertes depuis le 2 novembre dernier au Palais de la Nation sous l’égide du Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi.

L’idée de la démarche est de créer une ‘’Union sacrée de la Nation’’. Dans l’opinion, cette absence très remarquée du président national de l’Engagement citoyen pour le Développement (ECIDé) et celui de Nouvel Elan continue à susciter des réactions dans un sens, tout comme dans un autre. Pourtant, ils ont à dire, suffisamment à dire au sujet de la crise actuelle.

Pour sa part, ajoute ma consoeur, le président de Nouvel Elan, Adolphe Muzito, tient à s’entretenir préalablement avec sa base de la Tshangu à l’Est de Kinshasa ce dimanche 15 novembre 2020, c’est-ce qu’a confirmé le porte-parole de l’ancien Premier Ministre, Me Steve Kivwata, qui ajoute qu’après cet échange de Muzito avec sa base de la capitale, ce dernier se rendra dans le grand Bandundu, précisément à Kikwit et à Idiofa.

Tandis que, pour Martin Fayulu Madidi, le méga meeting projeté d’ici la fin de ce mois de novembre, sera plus que jamais l’occasion pour lui de cracher des vérités, sinon de s’exprimer sur ces consultations qui donnent lieu à des tractations politiciennes.

Une sélection de la rédaction

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *