À la Une de la revue de presse Amériques : Vote serré entre Trump et Biden

«Now it’s up to you, America  ». C’est la Une de USA Today qui semble le mieux résumer cette journée : « Maintenant tout dépend de toi, Amérique », la phrase sépare deux photos, celle de Joe Biden, à gauche, et celle de Donald Trump, à droite.

Sauf qu’à lire la presse, c’est plus compliqué. « La nation attend avec anxiété, alors que la course se termine dans la fureur », titre le New York Times. La nation attend. Cette fois tout ne semble pas dépendre du vote des Américains.

Déjà, avant et pendant le vote, c’est dans les États clés, ceux dans lesquels va se jouer la présidentielle, que « les gens ont subi le plus de désinformation sur le vote par la poste » rapporte le journal. Pour ce qui est de l’après, « les campagnes de Trump et de Biden, les organisations pour le respect du droit de vote et les groupes conservateurs lèvent des fonds et déploient des armées d’avocats pour ce qui pourrait devenir une bataille légal, État par État, comté par comté, sur les bulletins qui seront au final pris en compte » rapporte le New York Times.

D’ailleurs, qui doit encore voter, c’est la « question à un million de dollars » que se pose le Washington Post, avec « plus de 98 millions d’Américains qui avaient déjà voté ce lundi, c’est-à-dire 70% du nombre total de votants d’il y a quatre ans ». Le journal note que sur les États clés l’Ohio, la Pennsylvanie et le Michigan ont pour le moment moins voté que ce à quoi l’on pouvait s’attendre cette année.

Inversement des rôles

Comment les camps démocrates et républicains ont-ils vécu ces derniers jours de campagne ?Le Boston Globe titre sur un curieux « renversement des rôles : malgré les sondages, les démocrates sont anxieux et les supporters de Trump confiants ». Des démocrates anxieux à cause du souvenir de la « défaite cuisante d’Hillary Clinton face à Trump en 2016 » et « des tentatives du président de jeter le doute sur les résultats ». Alors que les partisans du président interrogés par le journal sont certains de l’emporter « haut la main » : « Donald Trump quand il venait, attirait des milliers de personnes, alors que Joe Biden n’en attirait que vingt ou trente ». Le Globe note que le président sortant s’est « nourri de la confiance de ses partisans, dansant sur la chanson YMCA à ces meetings », alors que commente le journal « côté démocrate, dans ces derniers jours de campagne personne ne semblait danser ». D’autant que selon USA Today « Trump grignote l’avance de Biden dans l’Arizona, la Caroline du Nord, le Nevada et la Pennsylvanie ».

« Votez ! »

Et c’est pour cela que le Washington Post s’engage, dans un éditorial clairement partisan :« Votez comme si votre mode de vie en dépendait : c’est le cas ». Pour le journal il s’agit déjà de voter pour battre ce qu’il appelle « les mensonges et le non-respect des lois de Trump ». Ensuite pour « se débarrasser de nos peurs que la violence politique prenne le contrôle de l’élection et de sa suite ». Mais votez en faisant très attention, conseille le Boston Globe sous le titre « Espérez le meilleur, préparez-vous au pire » : « les responsables et les électeurs doivent être vigilants concernant les perturbations et les tentatives d’intimidation sur les lieux de vote, et toute revendication de victoire prématurée ».

D’ailleurs dans le Chicago Tribune des responsables syndicaux parlent déjà d’une éventuelle « grève générale si ce mardi le vote libre et juste est menacé ». La Une du journal résume d’ailleurs assez bien toutes les peurs soulevées par cette élection, avec un autre article consacrée à une « rage politique » qui serait en hausse dans tout le pays, avec « des membres des deux partis qui ne voient pas ceux d’en face comme simplement se trompant, mais comme étant dans l’erreur morale, et même comme étant dangereuse ». Le Chicago Tribune note également que le gouverneur de l’Illinois demande « de la patience » pour les résultats, avec un nombre historique de bulletins envoyés par la poste à dépouiller, et annonce qu’il a « mis la garde nationale de l’Illinois ‘en état d’alerte’ en cas de troubles liés à l’élection. »

Histoire de respirer, le LA Times propose un article intitulé « comment se relaxer pendant la semaine électorale et éviter de passer son temps à lire des nouvelles apocalyptiques… ».

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« Anxiété, raillerie et espoir »

« Les États-Unis votent, et le monde les regarde avec anxiété, railleries et espoir », estime le Washington Post. Pour ce qui est du reste du continent américain, d’abord un beau coup du journal colombien El Tiempoqui a interrogé les deux candidats. Donald Trump affirme que la relation des États-Unis avec l’Amérique latine est « forte et respectueuse », mais que si Joe Biden l’emporte « il trahira la Colombie ». De son côté Joe Biden estime que Donald Trump a « politisé et sapé la relation » avec le pays.

Au Venezuela, El Universal souligne l’importance du vote latino (13%) aux Etats-Unis, mais précise qu’il « est très divisé, chaque communauté a des aspirations différentes ». Ultimas Noticias, proche du pouvoir, estime que pour le gouvernement vénézuélien, « quel que soit le vainqueur, les sanctions et la politique d’agression continueront ». Pour le journal, si Washington changeait de politique après les élections, ce serait plus vis-à-vis de l’opposition que du gouvernement.

Du côté du Mexique El Universal s’intéresse au sort des migrants aux États-Unis, et note entre autres que, contrairement à Donald Trump, Joe Biden, a promis d’« adopter de nouvelles politiques concernant les migrants détenus à la frontière et d’en terminer avec la séparation des familles ». « Nous verrons vite si les nouvelles générations sont elles aussi séduites par le discours xénophobe, ou si elles font le pari de la diversité, l’inclusion et le respect », écrit l’éditorialiste.

Enfin en Argentine, El Dia préfère s’interroger sur la vie de Donald Trump s’il perdait la présidentielle. Un retour à la télévision ? Préparer la présidentielle de 2024 ? Ou, « plus radical », un départ du pays, comme, rappelle le journal, le président sortant l’a glissé il y a quelques semaines, en décrivant « l’humiliation que représenterait une défaite face à Joe Biden ».

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